le bon moment pour investir

Pourquoi attendre le bon moment pour investir est une erreur (et quoi faire à la place)

Mis à jour le 29/07/2026 – Aurélien Zicolillo

En bref.
Attendre « le bon moment » pour investir est l’erreur la plus coûteuse, car ce moment n’existe pas ; même les professionnels ne savent pas le prévoir.
Ce qui
compte, ce n’est pas seulement quand vous entrez, mais combien de temps vous restez investi.
La solution : investir
une somme fixe chaque mois, quoi qu’il arrive sur les marchés (la méthode DCA). Vous lissez votre prix d’achat, vous supprimez le stress du timing, et vous laissez le temps travailler à votre place, une fois votre épargne de précaution constituée.

Vous savez que vous devriez investir. Mais à chaque fois, la même petite voix : « les marchés sont trop hauts », « il y a trop d’incertitude en ce moment », « je vais attendre que ça se calme ». Alors vous attendez. Un mois. Un an. Parfois dix.

Et pendant ce temps, votre argent dort, et perd de la valeur face à l’inflation.

Cet article vous explique pourquoi « attendre le bon moment » est un piège, et surtout quoi faire concrètement à la place.

Pourquoi « le bon moment » n'existe pas

Voilà la vérité que personne n’aime entendre : personne ne sait prédire les marchés. Ni vous, ni moi, ni les gérants professionnels payés des millions pour ça.

Attendre le bon moment, ça suppose deux choses impossibles à réussir : savoir quand entrer (au plus bas) et savoir quand sortir (au plus haut). Se tromper sur une seule des deux, et toute la stratégie tombe. Les études sont sans appel : la grande majorité des investisseurs qui essaient de « timer » le marché font moins bien que ceux qui restent simplement investis.

Le problème est aussi psychologique. Quand les marchés montent, on se dit « c’est trop tard, ça va corriger ». Quand ils baissent, on se dit « je ne vais pas investir en pleine chute ». Résultat : il n’y a jamais de bon moment. L’attente devient permanente.

Ce que l'attente vous coûte vraiment

Attendre n’est pas neutre. C’est une décision, et elle a un coût.

Le coût de l’inflation. Pendant que vous attendez, votre argent sur un compte courant ou un livret perd du pouvoir d’achat. Avec une inflation autour de 2 % en 2026 et un Livret A à 1,5 %, votre épargne « sécurisée » recule légèrement chaque année en termes réels.

Le coût du temps perdu. C’est le plus lourd, et de loin. Les intérêts composés, les gains qui génèrent eux-mêmes des gains, ont besoin d’une seule chose pour agir : du temps. Chaque année d’attente est une année que vous ne rattraperez jamais.

Un exemple parlant, à versement identique de 200 € par mois :

  • En commençant à 30 ans, environ 227 000 € à 65 ans
  • En commençant à 45 ans, environ 82 000 € à 65 ans

Quinze ans d’attente coûtent près de 145 000 €. Pas parce qu’on a versé moins, mais parce qu’on a commencé plus tard. Le temps fait plus que le montant.

La vraie question n'est pas « quand » mais « combien de temps »

Arrêtez de vous demander quand investir. La bonne question, c’est combien de temps vous allez rester investi.

Sur les marchés actions, ce qui compte n’est pas le point d’entrée, mais la durée. Plus votre horizon est long, plus les hausses et les baisses se lissent, et plus le risque de perte diminue. C’est pour ça qu’on recommande un horizon minimum de 8 à 10 ans pour investir en actions.

Autrement dit : le temps que vous passez à attendre « le bon moment » est précisément le temps qui aurait joué en votre faveur si vous étiez déjà investi.

La solution concrète : investir régulièrement, quoi qu'il arrive

La méthode qui règle le problème du timing porte un nom : l’investissement progressif, ou DCA (Dollar Cost Averaging). Le principe est simple : vous investissez une somme fixe, à intervalle régulier, par exemple 200 € le même jour chaque mois, quel que soit le niveau des marchés.

Pourquoi ça marche :

Vous lissez votre prix d’achat. Certains mois vous achetez plus cher, d’autres moins cher. Sur la durée, votre prix moyen s’équilibre, et vous n’avez plus jamais à vous demander « est-ce le bon moment ? ». La question disparaît.

Vous transformez les baisses en opportunités. C’est contre-intuitif, mais un marché qui baisse pendant que vous investissez, c’est une bonne nouvelle : vous achetez les mêmes parts moins cher. Un investisseur qui a maintenu ses versements pendant le krach de mars 2020 a acheté ses parts jusqu’à 40 % moins cher, et les a vues doubler dans les trois ans qui ont suivi. Ceux qui avaient « attendu que ça se calme » ont raté tout le rebond.

Vous retirez l’émotion de l’équation. Un virement automatique investit à votre place, sans que la peur ou l’euphorie n’interfèrent. C’est votre discipline qui travaille, pas vos nerfs.

Comment s'y prendre concrètement

1. D’abord, sécurisez vos bases. Avant d’investir un seul euro, constituez votre matelas de sécurité : 3 à 6 mois de dépenses essentielles, disponibles à tout moment, sur un livret. Investir n’a de sens qu’une fois ce filet en place, sinon le premier imprévu vous force à vendre au mauvais moment.

2. Définissez un montant tenable. Mieux vaut 100 € par mois pendant des années que 500 € abandonnés au bout de trois mois. Le montant doit tenir dans la durée sans vous mettre sous pression.

3. Automatisez. Programmez un virement récurrent le jour de votre paie vers votre support d’investissement. Ce que vous ne voyez pas, vous ne le dépensez pas, et vous n’êtes jamais tenté de « timer ».

4. Choisissez la bonne enveloppe. Le PEA est particulièrement adapté à l’investissement long terme en actions : après 5 ans, vos gains sont exonérés d’impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus), contre la flat tax de 31,4 % sur un compte-titres classique.

5. Ne touchez plus, et tenez le cap. Surtout dans les baisses. C’est là que tout se joue : ceux qui vendent en panique transforment une perte temporaire en perte définitive.

Et si les marchés chutent juste après que j'ai commencé ?

C’est la peur numéro un, et c’est justement là que le DCA prend tout son sens.

Si vous investissez progressivement, une baisse juste après vos débuts n’est pas une catastrophe : elle vous permet d’acheter les mois suivants à prix réduit, ce qui abaisse votre prix moyen et augmente votre performance finale quand les marchés remontent.

Le vrai danger n’est pas d’investir avant une baisse. C’est de ne jamais investir, ou de vendre au premier creux. Sur un horizon long, les marchés ont toujours fini par se relever ; ce qui distingue ceux qui gagnent, c’est qu’ils sont restés.

En résumé : ce qu'il faut retenir

  • « Le bon moment » pour investir n’existe pas ; même les professionnels ne savent pas le prévoir
  • Ce qui compte, ce n’est pas quand vous entrez, mais combien de temps vous restez investi
  • Attendre a un coût réel : l’inflation, et surtout des années d’intérêts composés perdues à jamais
  • La solution : investir une somme fixe chaque mois (DCA), quoi qu’il arrive sur les marchés
  • Une baisse pendant que vous investissez est une opportunité, pas une menace
  • D’abord le matelas de sécurité, ensuite seulement l’investissement, dans cet ordre
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Le meilleur moment pour commencer, ce n’était pas hier, c’était il y a dix ans.
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Cet article a une vocation pédagogique. Les chiffres cités sont à jour à la date de mise à jour indiquée et sont susceptibles d’évoluer. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte un risque de perte en capital et de liquidité. Ce contenu ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d’achat ou de vente.
Les règles fiscales et sociales évoluent chaque année. Cet arbitrage se construit en coordination avec votre expert-comptable.

Aurélien Zicolillo — Reziliance, conseiller en investissements financiers, ORIAS n° 26004333.

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